L’autonomie de la Kabylie

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Une dangereuse convulsion politique

Réagissant à la proposition de Nicolas SARKOZY d’organiser un référendum sur un éventuel statut d’autonomie pour la Martinique, le chanteur Kabyle Ferhat MHENNI a demandé au chef de l’Etat FRANCAIS de suggérer ce genre d’autonomie  »aux pays anciennement colonisés » dont l’Algérie fait partie. Selon MHENNI  » M. Nicolas Sarkozy, en agissant comme il vient de le faire, se révèle dans toute la splendeur d’un homme d’Etat. ». Cette splendeur selon MHENNI doit servir de modèle de gestion pour la rive sud. 

La réaction de ce farfelu chanteur qui passe son temps à slalomer entre les files de sa guitare et les cordes de la politique,  ne fait que prouver son indigence intellectuelle. La proposition de MHENNI ne fait qu’apporter de l’eau aux moulins de ceux qui trouvent « séquentiellement » et depuis l’indépendance, tous les motifs pour ajourner la démocratie sous les fallacieux prétextes de dangers sur l’unité nationale, Hizb frança et de la main étrangère… etc. 

Par ces convulsions politico médiatiques insensées, Ferhat MHENNI compte se martyriser à l’extrême. A défaut de régler ses déboires personnels en toute humilité et en privé, il multiplie, compensation psychologiques oblige, ses sorties tonitruantes et ses aventures politiciennes.  En sa qualité de fils de CHAHID, il aurait mieux fait de préserver la mémoire de son père qui s’était battu de longues années durant pour libérer le pays tout entier du colonialisme. Quand à lui, il est impératif qu’il se débarrasse au plus vite de sa « pathologique adolescence politique ».  Si le sujet de l’autonomie mérite vra iment qu’on l’on débatte et que l’on s’y intéresse, il n’en demeure pas moins, que des efforts doivent être fournis par l’élit e et les militants politiques pour sortir des faux clichés et des fausses solutions. Il faudra se décarcasser définitivement de ces vraies fausses certitudes : Kabyles, les meilleurs, les plus beaux et les plus intelligents.   

C’est à cette condition que le débat peut s’amorcer objectivement.L’autonomie comme modèle institutionnel de décentralisation administrative et politique dans le cadre d’un Etat démocratique, garant des libertés et des pluralismes, est une vision qui comporte des éléments objectifs et réalisables. L’autonomie ne constitue ni le problème et ni la solution aux blocage du processus démocratique du pays. Il faut se rappeler que c’est l’absence de liberté et de démocratie qui engendre et reproduit les cycles de violence. La solution réside dans la restitution à la société tous les instruments et attributions de la représentation sociale et permettre aux partis politiques aux syndicats libérés, et à la société civile d’activer librement dans le champ politique national. 

Des différents modèles de gouvernance, la décentralisation des moyens et des responsabilités est devenu le credo démocratique dans le monde. Donc gagnons notre place dans ce monde !!!! 

Nous reproduisons ci-après, une excellente réflexion du docteur Ramdane ACHAB – novembre 2001, intitulée  « le projet d’autonomie de la Kabylie est porteur des plus grands dangers » 

« Le projet d’autonomie de la Kabylie est porteur des plus grands dangers » Le caractère sauvage et ouvert de la répression du printemps dernier était destiné à provoquer des déchirures et des ruptures irréversibles au sein de la population, afin de susciter et d’encourager toutes les radicalisations possibles. (…)  

C’est au mois de mars 1979 qu’apparaît, pour la première fois dans la littérature politique algérienne et plus précisément dans le programme du FFS clandestin, le concept d’autonomie régionale. En rendant public son avant-projet de plate- forme politique sous un titre on ne peut plus actuel : « Pour une alternative démocratique révolutionnaire à la catastrophe nationale », le FFS proposait alors le triptyque : « autonomie personnel- autonomie locale – autonomie régionale » comme cadre global devant régir l’exercice des droits et des devoirs, et en particulier la participation, à tous les niveaux, des citoyennes et des citoyens à la gestion démocratique des affaires du pays.

Ce faisant, le FFS redéfinissant la totalité des rapports que le pouvoir politique devait entretenir avec la société, en donnant la primauté aux droits individuels et collectifs des algériennes et des algériens, et en appelait à une mobilisation pacifique et responsable de toutes et de tous. Mais il convient de le préciser, le projet du FFS concernait non pas une région particulière mais l’Algérie toute entière, voire un ou des ensembles encore plus grands qui pourraient inclure, avec leur aval, d’autres pays voisins du Maghreb ou du Sahel. Ajoutons que le triptyque avancé par le FFS ne représentait en aucune façon une singularité ou une curiosité à l’intérieur de l’avant projet de plate-forme politique. Il était au contraire au cœur du concept de « démocratie décentralisatrice », et s’inscrivait donc pleinement dans la philosophie et les objectifs majeurs que le parti s’est donné depuis sa fondation en 1963 : mettre fin à la dictature et instaurer un régime démocratique. 

Le projet d’autonomie que certains agitent en Kabylie depuis plusieurs mois ne procède nullement de la même démarche. Il en constitue au contraire l’exacte négation, dans la forme comme dans le fond. Le MAK ( Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie) ne semble être en effet qu’une des pièces du dispositif que le régime met progressivement en place pour domestiquer la Kabylie, voire provoquer son effondrement social et politique. 

Le MAK et « son » projet apparaissent en effet dans la tourmente des événements dramatiques que la Kabylie a connus au printemps 2001. Ces événements, manifestement provoqués par le pouvoir, avaient comme objectif principal de créer les conditions d’une configuration du paysage politique régional. Il s’agissait pour le pouvoir de tenter d’une part de disqualifier non seulement les partis politiques de l’opposition démocratique (et notamment le FFS) mais la politique en général, et, d’autre part, de faire émerger de nouveaux acteurs et de les imposer sur le terrain de l’action et de la représentation. Plus profondément encore et au delà des scénarios qui seront mis en place. L’objectif ultime de cette stratégie du pouvoir est d’en finir avec
la Kabylie en tant que bastion historique de la résistance à la dictature. 

Le caractère sauvage et ouvert de la répression du printemps dernier était destiné à provoquer des déchirures et des ruptures irréversibles au sein de la population, afin de susciter et d’encourager toutes les radicalisations possibles. Toutes les dérives possibles et de rendre ainsi le terrain propice au « nettoyage » politique et à l’implantation, par le pouvoir, de sa propre stratégie, de ses propres relais régionaux et de ses propres scénarios sur le terrain. 

Le principal animateur du MAK, Ferhat Mehenni, n’a-t-il pas rencontré à plusieurs reprises tel conseiller du président, le même conseiller qui a été à l’origine de la création de l’ACT, un des relais du pouvoir destiné à occuper le terrain politique en Kabylie ? 

Quelles garanties sérieuses Ferhat Mehenni et ses compagnons peuvent- ils apporter quant à leur propre liberté d’action, quant à leur propre autonomie vis-à-vis de telle ou telle officine du pouvoir ? 

Comment par ailleurs aller vers l’autonomie sans une consultation préalable de la population des partis politiques, des élus, des intellectuels, des acteurs économiques, des syndicats, du milieu associatif, etc., tant au niveau régional qu’au niveau national ? 

Comment aller vers l’autonomie sans des études préalables de faisabilité et de viabilité, sans un large mouvement d’adhésion, de communion, de soutien et d’accompagnement, sans la comparaison de la confrontation avec des scénarios tout aussi envisageables à l’échelle nationale ou même africaine ? Comment débattre sérieusement d’autonomie ou de quoi que ce soit en Algérie alors que la populatin est soumise à une intolérable pression sociale, que le pays est toujours dans l’impasse sur le plan politique, alors que la couverture médiatique est quasiment monopolisées par le pouvoir et ses relais, alors que la violence continue ? 

On impose une fois de plus, de faux débats et de fausses perspectives à la population pour la détourner des vrais problèmes et des vraies solutions. La démarche de Ferhat Mehenni ne s’explique que par la mégalomanie d’un acteur désarçonné qui veut attirer sur lui les feux de la rampe en occupant le créneau libre et spectaculaire du projet autonomiste, avec la bénédiction et le soutien d’une certaine presse devenue experte en matière de sur médiatisation et de manipulation. A l’échelle régionale comme sur le plan national, le pouvoir a toujours eu intérêt à encourager les courants extrémistes et les intégrismes de toutes sortes afin de les opposer les uns aux autres, de les neutraliser les uns par les autres et d’empêcher ainsi l’émergence et l’organisation d’une véritable force populaire capable d’imposer le changement. Dans cette gestion de la société par les extrêmes, le MAK n’est rien d’autre qu’un des leviers régionaux  de la politique du régime. Dans le contexte actuel, la multiplication artificielle et voulue des acteurs politiques en Kabylie fait craindre les pires scénarios pour les mois et les années à venir. Ce qui nous semble être recherché à terme par le pouvoir, c’est un effondrement intégral de la Kabylie en tant qu’entité culturelle et politique, un effondrement de l’être individuel et collectif comparable, au regard de l’histoire, à celui que cette même région, à celui que cette même région a connu à la fin du 19ème siècle. 

Tout les ingrédients d’une guerre civile régionale sont aujourd’hui réunis, et il n’est pas exclu que les provocations des services du pouvoir aillent jusqu’à prendre la forme extrême de coups tordus et de liquidations ciblées et entrecroisées entre les différents partenaires, liquidations que le même pouvoir aura par la suite beau jeu de faire passer pour des « conflits internes » et des règlements de comptes entre « frères ennemis ». 

Il est d’ailleurs significatif qu’un tract du MKL daté du 26 avril 2001 réserve la totalité de ses attaques et de son fief aux seuls politiques présents en Kabylie ( MCB,RCD,FFS ),alors qu’il ne contient pas un traître mot sur la situation socio – politique du pays et la responsabilité du pouvoir dans la catastrophe nationale. Cette violence verbale serait-elle le prélude à la violence tout court ? Ce sont toutes les dérives maffieuses et violentes des mouvements autonomiste ultra- minoritaire qui frappent aujourd’hui à nos portes, comme celles que l’on peut, observer en d’autres contrées comme ou le pays basque. 

Il faut par conséquent en appeler à une vigilance extrême des citoyennes et des citoyens pour déjouer un projet qui, sous couvert d’angélisme, est porteur des plus grands dangers et des plus grands périls, pour la Kabylie comme pour l’Algérie toute entière. 

RAMDANE ACHAB
(*) Docteur en linguistique berbère
Novembre 2001 

5 Réponses à “L’autonomie de la Kabylie”

  1. L.Smail du FFS dit :

    La folie de Ferhat M’Henni de revendiquer l’autonomie de la Kabylie nous interpelle à moult reprises tant son concept est aussi pernicieux qu’une guerre civile.A quoi va-t-elle servir,sinon à déchirer irrémédiablement toute une région qui aspire plutot à vivre en paix tant elle a trop souffert de toutes les péripéties guerrières depuis des decennies.De quelle autonomie veut le sieur M’Henni ? Sait-il au moins que depuis l’indépendance du pays il y a eu un brassage conséquent des populations berberophones et arabophones?Quel sera l’avenir des uns et des autres dans une Kabylie recroquevillée sur elle-même? Quel clan vont-ils rejoindre?9a sociétalement parlant.De l’autre coté,quel sera l’avenir économique de cette région lorsqu’elle sera singularisée?Faudra-t-il revendiquer une partie des recettes pétrolières ou bien se contenter de batir une économie sur la production de l’huile d’olive,du chene liège et quelques petites bribes provenant d’une petite agriculture maraîchère?
    Monsieur M’Henni chercherait-il uniquement le pouvoir sur une parcelle de territoire qu’est la Kabylie?
    A mon avis,c’est etre naïf et jouer le jeu du pouvoir qui désire la liquidation et le muselage de toute une frange d’une société récalcitrante d’origine berbére.
    Quand à la Démocratie,il faut plutôt mener une lutte pacifique sans merci pour la conquérir au profit de toute l’Algerie et pas seulement pour la Kabylie.Non,c’est inacceptable de céder aux appeaux des tenants du pouvoir car c’est la folie des grandeurs que de vouloir se désolidariser du pays tout entier:l’Algerie est une et indivisible.Je ne crois pas que M’Henni soit plus visionnaire que des hommes d’envergure politique tels qu’Ait Ahmed,Abane,Amirouche,Mohand Oulhadj et autres pour avoir concocté cette idée d’autonomie de la Kabylie.
    A moins que Ferhat ait d’autres visées et cela se révélera un jour ou l’autre!

  2. Smail FFS dit :

    Ferhat M’Henni croit durement qu’il est peut etre le seul à se comporter en patriote dans cette région de montagnes Kabyles dépourvue.Ne sait-il pas que le vrai patriote ne s’inquiète pas du poste qu’il doit occuper dans la patrie,mais du rang que doit atteindre sa patrie parmi les nations?L’autonomie de la Kabylie en tant que patrie ne servirait à rien sinon à aggraver sa situation économique désastreuse engendrée par un faible revenu et un chômage des populations du à une vie industrielle et agricole trés faibles par rapport aux autres régions du pays!De nos jours,la richesse , c’est le pouvoir or,il se trouve que la région de Kabylie n’est soutenue que par quelques apports financiers de ses émigrés ce qui est trés loin d’etre suffisant!

  3. lamine t dit :

    aygher ferhat yettwaherrem i ukeccum gher tmurt-is, acku lehkem-nnegh am akken i as qqaren akken: win–yennan lheq ad yeqqen aghyul:
    dgha ferhat mi id-yenna bellik lehkem-nnegh d aheqqar u yettdafa3 ghef tutlayt-is dgha hermen fell-as tamurt, maca am wassa ad d-yekcem gher tmurt is
    ULAC LVOT ULAC SMAH

  4. lamine t dit :

    akked d boutefliqa ur nezr anda tetteddu lezzayer

  5. Adel T dit :

    mkul agdud s udlis-is
    mkul ajejjig s lqima-s
    mkul iles s tlelli-s
    am akken i as-inna dda Lmulud Mâemri:
    Agdud ur nesâi idles
    Am umdan ur nesâi iles
    dgha nebgha kan ad d-nin wid iwten tamurt iwten d iman-nsen
    akken ibghu yili…jehlen …weâren…ur iten-tzeggel ara tyita n lemri.

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