Des militants du FFS convoqués par la police

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Depuis quelques jours, les services de police de la wilaya de Ghardaïa mènent une véritable opération de persécution des militants du FFS. Sept militants, parmi eux, les responsables de la fédération, sont convoqués par la police. Cette opération d’intimidation intervient 2 jours après la publication du rapport OULD KABLIA sur les événements de BERIANE. Pour mieux comprendre les dessous de la crise de BERIANE, nous republions une interview donnée par Dr Kamel Eddine FEKHAR, animateur de la protesta de Ghardaïa et actuellement membre de la direction du FFS. 

Interview du Dr Kamaleddine Fekhar. Militant des Droits de l’Homme. Ghardaïa.

Posté par Hchicha le 2/13/09 • Catégorie Politik

Bonjour Docteur. Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Nous apprécions d’autant plus que nous connaissons votre proverbiale réserve. Les affrontements ont-ils cessé? Dans l’affirmative, toutes les mesures ont-elles été prises, à votre avis, pour éviter un autre embraseme nt.

Merci, Monsieur Benchenouf pour l’intérêt que vous portez à la situation dans notre localité. Les douloureux événements de Berriane sont une véritable tragédie humaine aux conséquences dangereuses pour tout le pays. Et je suis heureux de répondre à vos questions. Ce jour, dimanche 08 février 2009, la ville de Berriane est calme. Les escarmouches ont cessé depuis quelques jours, mais le citoyen a perdu toute confiance et désespère d’un retour définitif au calme et à la paix dans sa ville. Et ce, pour une raison simple : malgré la présence d’un nombre impressionnant d’agents des services de sécurité déployés partout, les hostilités peuvent reprendre à tout moment, sans raison et sans avertissement aucun.

2/ Les dégâts matériels et les victimes de ces affrontements se trouvent-ils dans les deux camps?

Oui. Les victimes et les dégâts matériels se trouvent des 2 côtés. L’agression appelle à la vengeance et à la violence de part et d’autre. Mais ce qui attire l’attention, c’est qu’une partie du conflit a utilisé des moyens extrêmes de violence jusqu’à provoquer la mort et la mutilation des cadavres.

3/Pourriez vous les chiffrer?

Depuis le début des événements (mars 2008), toutes les victimes tuées par les civils de l’autre bord sont des mozabites et ils sont au nombre de quatre : Lassaker Ali, Daghour Aïssa, Benzayet Bachir et Kerrouchi Omar. Ils ont été assassinés d’une manière horrible et au moins deux des victimes ont été mutilés après leur mort par des criminels appartenant à la partie arabe du conflit. Quant à cette dernière partie, on déplore chez elle un mort (Saïfia Merouane), tué par un policier. Quant au nombre de blessés, il est très élevé. On ne peut le chiffrer avec exactitude, car la majorité des blessés n’est pas allée se soigner à l’hôpital, de peur de se faire arrêter par les services de sécurité.On note près de 200 arrestations des deux bords dont des individus accusés d’homicide volontaire. Près de 250 domiciles et 30 locaux commerciaux des deux parties ont fait l’objet de vols, destructions ou incendies.

4/ Quelles sont les causes objectives de ce conflit entre Chaambas et Beni M’Zab? A quelle période remonte-t-il?

De l’indépendance à ce jour, ont eu lieu des conflits et escarmouches dans diverses localités du M’zab avec la complicité du pouvoir et son alignement en faveur d’un camp contre l’autre. Et toujours contre les Mozabites !!! Et cela pour instaurer un climat de peur et d’instabilité, créant ainsi les conditions d’application de la politique d’étouffement de l’identité Amazigh Ibadite des mozabites et aussi semer les germes de la mésentente et de la haine entre citoyens d’une même région. C’est ainsi qu’est appliquée avec force la politique machiavélique de diviser pour régner. Et ce même régime ne s’est jamais privé de ces méthodes à travers tout le pays : assassinats politiques, massacres collectifs comme ceux de Bentalha, Raïs, Ramka, création de sources de tension selon les spécificités sociales ethniques ou économiques des différentes régions du pays. Ces méthodes sont mises en application selon les conjonctures et ce, dans un seul but connu : la préservation de son pouvoir et de ses privilèges, quelque soit le prix. C’est cette fin qui a toujours justifié ces moyens.

5/ Les images de la vidéo filmée par des personnes de votre communauté, montrant l’implication de policiers aux côtés des Chaambas, contre les Beni M’Zab, ont fait le tour du monde. Pourriez-vous nous en dire plus?

Le black-out médiatique, les informations contradictoires et les déclarations imaginaires et délibérées des responsables en vue de créer un climat d’incompréhension, d’opacité et de flou au sein de l’opinion publique nationale et internationale, n’avaient qu’un but, celui de cacher la réalité de ce qui s’est passé à Berriane, à savoir que c’est le pouvoir à travers son appareil sécurité qui est à l’origine de la fitna (discorde) de Berriane, de son entretien et de sa poursuite. Les événements de Berriane se poursuivent depuis le 19 mars 2008 et je crois que la diffusion des images vivantes de la vidéo était la seule solution pour rétablir la vérité sur les événements de Berriane, pour lever toute équivoque et mettre à nu les plans diaboliques du pouvoir et ses dangereuses pratiques portant atteinte à l’unité nationale.

6/Que compte entreprendre la communauté Mozabite pour se prémunir de telles tragédies à l’avenir?

Devant ce nombre de victimes, assassinées de manière horrible, puis mutilées et devant les preuves de l’implication du pouvoir dans ces crimes, nous exigeons l’ouverture d’une enquête judiciaire et le dépôt d’une plainte contre les responsables sécuritaires. Si ces exigences ne sont pas satisfaites, nous nous adresserons aux commissions spécialisées de l’ONU et nous demanderons que le droit des minorités soit protégé.

7/ Certains berbéristes extrémistes, qui cherchent visiblement à provoquer l’irréparable séparatisme entre populations arabophones et populations berbérophones, tentent de mettre à profit la détresse de votre communauté pour la faire basculer dans leur camp. Pensez vous que la communauté Mozabite pourrait basculer, à son tour, dans cette extrémité?

Devant la terrible catastrophe humanitaire de Berriane et son ampleur, devant la menace persistante qui pèse sur les citoyens de Berriane, devant la partialité flagrante, la complicité des appareils sécuritaires contre les mozabites et le silence assourdissant des personnalités nationales, de la majorité des partis politiques et des organisations, comme si les événements de Berriane s’étaient déroulés sur une autre planète et non dans une des villes d’Algérie, nous ne pouvons blâmer le citoyen de Berriane ou de quelque partie du monde quand il est en situation de légitime défense, lorsqu’il utilise tous les moyens en sa possession pour se défendre et défendre sa famille et ses biens.

8/ Un dernier mot?

Les douloureux événements de Berriane qui constituent une terrible tragédie humaine aux dangereuses conséquences nationales, ont mis en évidence avec amertume, la triste situation que vit l’Algérie et certaines réalités qu’on ne peut cacher : – Le véritable visage effrayant du pouvoir qui ne lésine sur aucun moyen pour aboutir à ses vils desseins. – La réussite du pouvoir à détruire la véritable société civile. – L’absence de personnalités nationales efficientes et notamment intellectuelles.- La stérilité de la majorité des partis politiques et des organisations qui ne jouent qu’un rôle de spectateur. – Absence totale d’une culture des droits de l’Homme, de la tolérance, de l’acceptation de l’autre avec sa différence et l’absence d’un véritable militantisme en faveur des droits humains.

3 Réponses à “Des militants du FFS convoqués par la police”

  1. Nek dit :

    Personnelment, je tire chapeau aux militants des droits de l’homme et ceux du FFs de Ghardaia , quand on voie dans quelles conditions ils militent, quand on voie combien d’argent est dépensé pour acheter leur silence…mais ils ne cédent pas malgrès tout même si être militant du FFS, de la ligue ALgérienne des Doits de l’Homme à Tizi Ouzou est facile à tous mais à Ghardai je vous assure chèrs camarade que ça relève du miracle. Et pourtant, ils sont là, u*ils se battent jours et nuits, ils sont emprisonnés, ils sont jeune, vieux enfant….

    Quand je vois ces gens, l’espoir me revient, j’ai de l’epoir…
    vive le FFS
    Vive l’algérie

  2. Nek dit :

    Personnelment, je tire chapeau aux militants des droits de l’homme et ceux du FFs de Ghardaia , quand on voie dans quelles conditions ils militent, quand on voie combien d’argent est dépensé pour acheter leur silence…mais ils ne cédent pas malgrès tout même si être militant du FFS, de la ligue ALgérienne des Doits de l’Homme à Tizi Ouzou est facile à tous mais à Ghardai je vous assure chèrs camarade que ça relève du miracle. Et pourtant, ils sont là, u*ils se battent jours et nuits, ils sont emprisonnés, ils sont jeune, vieux enfant…. Quand je vois ces gens, l’espoir me revient, j’ai de l’epoir…vive le FFSVive l’algérie

  3. Smail FFS dit :

    Le FFS a compris les enjeux politiques à venir.C’est d’ailleurs une des raisons importantes qui l’ont poussé à créer sa propre école de formation politique qui fournira dans peu de temps un pléthore de jeunes prets à prendre la releve et lancer des offensives politiques sur le terrain.Une jeunesse estudiantine prete à relever des défis de lutte pacifique et gagner les voix des masses populaires algériennes.Le ffs reprendra bientot ses couleurs et luira de tous ses feux sur une Algérie qu’il promet prospére avec l’apport de grandes espérances economico-politiques et une gestion transparente des affaires publiques au service du peuple algérien sans exclusive.Le FFS est un reservoir de beaucoup d’idées novatrices en matiere justice sociale et de politique culturelle,industrielle,agricole,hydraulique,sanitaire et éducative.

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